Le ministre chez un pionnier de l'agroécologie en Vendée

Source Ouest France

Rencontre au sommet, vendredi, à Chantonnay (Vendée). Stéphane Le Foll a visité l'exploitation de Jacques Morineau, agriculteur bio pionnier de ce mode d'agriculture robuste et autonome

Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, fait de l'agroécologie la pierre angulaire de la loi d'avenir de l'agriculture, examinée en seconde lecture à l'Assemblée nationale, les 7 et 8 juillet. Jacques Morineau, agriculteur bio, à Chantonnay (Vendée), la pratique depuis des décennies au sein du Gaec des Ursules.

Vendredi, à l'occasion de l'assemblée générale du Réseau national agriculture durable, les deux hommes se sont rencontrés sur les terres du Gaec.

« Tout temps... économique »

Sitôt descendu de voiture, le ministre de l'Agriculture a voulu marquer son territoire. Oui, il s'y connaît en haies, agroforesterie et essences d'arbres. « Ce sont des érables, des robiniers faux acacias, des merisiers, des frênes. J'en ai planté des haies ! », sourit-il en désignant le maillage bocager dense (45 km de haies pour 280 ha !), refuge de toute une faune d'insectes auxiliaires, prêts à bondir sur les pucerons et limaces.

Stéphane Le Foll énumère les clés de voûte de l'agroécologie : « Assolement diversifié, utilisation des insectes auxiliaires et des mécanismes naturels. » Et pour Jacques Morineau, c'est quoi l'agroécologie ? « C'est l'intégration maximale des processus naturels et de la biodiversité pour augmenter la productivité. Cela passe par la complémentarité entre les cultures et l'élevage. »

Et l'agriculteur bio vendéen de détailler : « C'est bâtir un système tout temps climatique et tout temps économique. C'est un ensemble de mesures innovantes dont l'efficacité ne se mesure pas à la parcelle mais sur la globalité de l'exploitation. »

Pendant deux heures, Jacques Morineau a montré que « l'agroécologie, c'est du concret, ça marche et c'est durable. » Exemple ? « On est passé des cultures pures à des mélanges d'espèces, ce qui permet de réintroduire des protéines végétales locales et d'assurer l'autonomie nécessaire à l'alimentation des volailles et des vaches laitières élevées sur la ferme. L'effet mélange (lupin-avoine, féverole-blé, tournesol-sarrasin...) augmente les rendements de 25 % par rapport à une culture pure. La plante compagne ne handicape pas la culture principale et diversifie le régime alimentaire des animaux. »

Xavier BONNARDEL.