L'AB et la qualité de l'eau

AB et qualité de l’eau

L'eau qui sort de nos robinets est certes potable, mais au prix de traitements couteux. La solution utilisée en France pour maintenir une eau potable conforme aux normes est de l'ordre du curatif, elle passe par la construction d'usines de traitements, des abandons de captages pollués et des interconnexions entre réseaux pour dilluer la teneur en polluants. L'autre approche possible est de travailler de façon préventive, en aidant les agriculteurs à éviter de polluer. Avec un coût du préventif de 2 à 87 fois (selon les cas) moins important que le curatif, le choix devrait être vite effectué, pourtant, sur le terrain ça ne va pas de soi.

L'agriculture biologique a toute sa place dans cette approche préventive et le réseau bio est mobilisé pour intervenir sur les zones à enjeu eau.

Qualité des eaux : urgence à agir pour notre santé et les écosystèmes

Prévenir les pollutions de l’eau pour éviter de coûteux traitements

L’état des lieux réalisé par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne conclut lui-même que les scénarios de modification partielles des pratiques agricoles vont demeurer insuffisants pour résoudre les problèmes de qualité de l’eau à l’horizon 2015.

Les expériences de territoires volontaristes (Munich, Lons le Saunier…) ont montré qu’il est beaucoup moins coûteux de financer des systèmes de production respectueux de l’environnement que des investissements de dépollution dans des stations ou des mises aux normes agricoles.

Ainsi, l’exemple de Lons Le Saunier montre que l’appui aux pratiques agricoles moins utilisatrices d’intrants sur l’aire de captage de l’eau potable ne coute que 20 000 euros par an, soit 1% du budget du service en eau.

L’agriculture biologique et la qualité de l’eau : des bénéfices directs

Les bénéfices de l'agriculture biologique sur la qualité de l'eau sont bien sûr à lier aux règlements de l'agriculture biologique, qui proscrivent les produits chimiques de synthèse (engrais et pesticides).

Mais au-delà de cette absence de pesticides, les systèmes bio reposent sur un élément-clé : une approche globale, à l’échelle du système de production.

Afin de n'utiliser aucun produit chimique, les agriculteurs biologiques mettent en place un ensemble cohérent de solutions agronomiques.

Ainsi, la fertilité est assurée avant tout par l'utilisation de fertilisants organiques (compost, effluents d'élevage), la part des prairies de légumineuses dans la rotation, et l'installation de couverts végétaux en inter-culture hivernale, qui permettent une réelle gestion du sol (structure, vie microbienne…). Le sol, ainsi reconstitué, assure de fait son rôle de filtre naturel et protège les ressources en eau.

Les exigences de l’AB en termes de bien être animal entrainent aussi notamment un chargement (nombre d’animaux par hectare) modéré qui permet d’éviter une pollution en nitrate souvent due à de très fortes concentrations animales.

La protection des cultures est assurée quant à elle par la prévention : l’alternance des cultures (rotation), le choix de variétés adaptées, et l'usage ponctuel de pesticides naturels (extraits végétaux, cuivre…) en dernier recours. Le maintien ou l’implantation de haies, bandes enherbées ou fleuries est un garant de la présence d’auxiliaires des cultures, atouts décisifs pour la lutte contre les ravageurs.

Les haies et les bandes florales permettent le maintien d’ennemis naturels des parasites

Cet effet est mesuré dans toutes les études réalisées sur le sujet, en France comme à l'étranger.


Comment développer la bio sur les zones prioritaires pour la qualité de l'eau?

Un programme d'actionsefficace doit bien sûr s'appuyer sur le volet agricole (accompagnement des conversions et des installations, de façon individuelle comme collective) mais il ne doit pas négliger une incitation des producteurs à aller vers la bio passant par le développement de débouchés pour la bio locale.

La sensibilisation des consommateurs à s'approvisionner en bio local et l'approvisionnement de la restauration collective sont des pistes de réflexion importantes.

Le GAB 85 peut participer aux réflexions des territoires à enjeux eau de Vendée et intervenir dans les programmes d'actions.

La ville de Lons le Saunier a engagé un projet global allant dans ce sens:


Minute Bio - Le respect de la qualite de l'eau par leblogdelabio


Ressources disponibles:


 

Ressources vidéos  :

Qualité de l'eau et agriculture, démarches exemplaires dans l'ouest de la France (Durée : 18’27).

Produit par l’IFORE  et le MEDDE en partenariat avec la FNAB, ce documentaire vous invite à venir découvrir, notamment en région Poitou-Charentes, des expériences prometteuses de protection de la qualité de l’eau par le développement de l’agriculture biologique.

 

Documents à télécharger :

 

Qualité de l’eau et agriculture : démarches... par developpement-durable

(1) CGDD. « Coûts des principales pollutions agricoles de l’eau », Études et documents n°52, septembre 2011
(2) CGDD. « Les pesticides dans les milieux aquatiques – données 2007 ». Études et documents n°26, juillet 2010
(3) CGDD. « Mise en oeuvre de la directive cadre sur l’eau : position de la France en Europe en 2009 », Chiffres et statistiques n°367,novembre 2012
(4) DGS. « Abandons de captages utilisés pour la production d’eau destinée à la consommation humaine », 2012