6% de la Surface Agricole Utile en bio en 2012 ? Non en agrocarburant ! Un mauvais choix pour l’agriculture et la société

La Cour des comptes vient de publier un rapport thématique sur la filière agrocarburant en France qui occupe dorénavant 6% de la surface agricole utile (SAU). Le Grenelle de l’environnement avait établi un objectif de 6% de la SAU pour l’agriculture biologique. Nous en sommes à 4%. La CAB Pays de la Loire relais le positionnement de la Fnab (Fédération nationale d’agriculture biologique) qui réagit aux questions posées par la Cour des comptes et aux propos du ministre de l’agriculture lors de ses vœux.

 

Le résultat d’une politique agro-industrielle …

Lors de ses vœux du 24 janvier, Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, a déclaré qu’il ne fallait pas « opposer par exemple l’agriculture biologique aux grandes cultures » en précisant qu’il soutenait les deux pour une agriculture locale de qualité et exportatrice. Alors que la mandature s’achève, les résultats sont pourtant clairs : 6% de la SAU pour les agrocarburants contre 4% de la SAU pour la bio dans le contexte d’un déficit de production nationale en céréales bio et une augmentation continue des importations pour répondre à la demande du marché bio intérieur.

 

… mobilisant des moyens financiers considérables

La Cour des Comptes estime que les filières de l’éthanol et du biodiesel ont bénéficié entre 2005 et 2010 de près de 2,65 milliards d’euros de défiscalisation de l’Etat. A noter que la filière biodiesel à elle seule a bénéficié de 1,8 milliard d’euros. La Cour précisant qu’il s’agit là d’une rente de situation importante avec un coût net de 1,3 milliard pour l’Etat. Dans le même temps, la Cour des Comptes relève dans son rapport sur l'impact budgétaire et fiscal du Grenelle de l'environnement que « l'effet de la hausse de la hausse des crédits européens en matière d'agriculture biologique a été neutralisé par la réduction de l'effort national ».

 

Quels choix maintenant pour l’agriculture et les finances publiques ?

Après le rapport très critique de l’Inspection générale des finances (sept.2011), celui de la Cour des comptes enfonce le clou et réclame une redéfinition de cette politique coûteuse pour notre pays et contestée sur le plan énergétique et surtout environnemental. En quelques années, l’Etat a montré qu’il pouvait réorienter un pan entier de l’agriculture française en investissant des centaines de millions d’euros, payés par le contribuable et le consommateur. Les plus grandes fermes qui captent déjà la plus grande partie des aides PAC ont bénéficié de cette politique.

 

La CAB et la Fnab proposent qu’un plan de développement de la bio soit au cœur de la politique agricole de la prochaine mandature, situant les paysans, les transformateurs, les consommateurs et les pouvoirs publics dans un objectif d’intérêt général, clairement défini et évalué. La CAB profitera de son Assemblée générale le jeudi 22 mars à Angers pour présenter ce plan avec un objectif : 20 % de bio en 2020 !

 

http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/Referes/Refere_grenelle_environn.pdf   

 

CONTACT PRESSE : Julien TAUNAY (Coordinateur régional)

Coordination Agrobiologique des Pays de la Loire (CAB)

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