Assemblée générale du GAB85

 

Retour sur l'AG 2011 en présence de Marc Dufumier :

assemblée générale 2011 GAB

Le GAB Vendée a organisé le 28 février 2011 son Assemblée Générale au Lycée Nature en présence de Marc Dufumier, agronome à Agro Paris Tech.

Mr Dufumier nous a fait part de sa vision de l'agriculture mondiale issue de ces nombreuses expériences internationales, et nous a présenté sa vision du développement actuel de l'Agriculture Biologique. Et il a abordé sa réponse à la fameuse question "la bio peut elle nourrir le monde?"

Reprenant les enjeux fondamentaux de l’agriculture, à savoir de nourrir une population croissante avec une alimentation de qualité, il a dénoncé les simplifications à outrance effectuées par les chercheurs et surtout les industriels dans ces sciences complexes que sont le vivant et l’agronomie, et leurs conséquences.

Mis bout à bout, ces errements sont dramatiques : La recherche génétique (animale come végétale) qui ne recherche que de haut potentiel de rendement photosynthétique à l’hectare, en créant des variétés incapables de survivre sans un environnement entièrement reconstitué; la priorité donnée aux économies d’échelle (produits standards sans prise en compte des coûts environnementaux); la spécialisation exagérée avec simplification (et fragilisation) extrême des écosystèmes; la dissociation de l’agriculture et de l’élevage (C et N); la perte de biodiversité (culturale et spontanée); les déséquilibres écologiques et les espèces invasives qui en découlent; la moindre couverture des sols par la biomasse; la pollution des eaux, de l’air, des sols et des aliments; le coûts accrûs en transport, l’effet de serre, etc.
Partant des principaux éléments nécessaires à la vie, le Carbone et l’azote, qui sont pourtant totalement disponibles en quantité énorme dans l’atmosphère, il a démontré l’incohérence fondamentale de systèmes de production n’aboutissant qu’à réduire l’utilisation par les cultures et les sols de ces éléments (sols nus non couverts, absence de légumineuses prariales, sols surfertilisés incapables de dégrader des pailles...) pour mettre en place des systèmes d’échanges poussés à l’extrème: «est ce bien nécessaire qu’au Brésil,  dans un pays où énormément de gens ont faim, on fasse pousser l’azote qui va finir par fertiliser nos algues vertes?»
Cette théorie du libre échange ne le satisfait pas non plus: Si chaque pays  doit développer la production qui fait sa force pour l’offrir aux autres, alors rien d’étonnant à ce que les petits producteurs du sud, ruinés par les importations quittent la production pour grossir les rangs de l’immigration, puisque leur seule marchandise est leur force de travail. Si l’on veut ce modèle, il faut en accepter les conséquences jusqu’au bout!

DEVENONS RAISONNABLES!

Par contre, en favorisant la relocalisation de la production et du cycle de l’N et du C, en réintroduisant l’élevage dans des zones de cultures et les légumineuses dans les rotations, en retravaillant sur des bases agronomiques, en s’adaptant aux potentialités de chaque partie du monde, et en revalorisant le métier agricole, chacun peut retrouver un role à jouer.
Ce qui est vrai pour le sud, l’est aussi pour  nous. Jamais les paysans français, quels que soient leurs systèmes, ne seront compétitifs avec d’autres pays aux conditions pédoclimatiques beaucoup plus favorable. La ruée vers les sols fertiles d’Europe de l’Est le prouve. Continuer dans cette voie est une erreur. C’est par la qualité et la cohérence agronomique que l’agriculture française peut trouver sa seule issue.

Quelques pistes à creuser: Production de calories alimentaires : Que pas un rayon du soleil ne tombe à terre ! mais plutôt sur des feuilles qui ont des échanges gazeux avec l’air (photosynthèse); Production de protéines végétales : chercher l’azote dans l’air(légumineuses); Associer agriculture, élevage et présence d’arbres ou arbustes (circuit court entre carbone, azote et éléments minéraux);  Les mycorhizes; Maintenir une grande biodiversité et des insectes auxiliaires; moindre dépendance à l’égard des carburants fossiles... Cela vous rappelle quelquechose? Il l’admet volontier, cela ressemble fort aux pratiques de l’Agriculture Biologique, qui est pour lui une agriculture savante, car elle travaille sur les écosystèmes, et dans laquelle il reste encore beaucoup de progrès à faire.


En résumé, oui pour une agriculture intensive, mais intensive en utilisation des rayons solaires, en création d’emploi, en valorisation des écosystèmes!