Bilan des rencontres politiques du réseau bio

Un consensus républicain pour le développement de la bio

A l'exception de la candidate du front national qui parle de « dictature du bio », tous les autres candidat-e-s (FG, EELV, PS, Modem, UMP) reconnaissent les objectifs du Grenelle de l'environnement (20% de Surface Agricole Utile en bio en 2020 et 20% de produits en restauration collective), soutiennent une politique de l'offre visant notamment à combler le déficit de production et les importations, souhaitent le développement de la recherche et de la formation en agriculture biologique. Ce consensus est une reconnaissance des techniques et normes de la bio, du marché qu'elle représente, mais cache des divergences profondes sur le rôle qu'elle doit jouer dans le projet de mandature pour l'agriculture française.


Des positions très abouties mais minoritaires sur l'échiquier politique

Ainsi, pour Jean-Luc Mélenchon ou Eva Joly, l'agriculture française doit sortir du tout chimique et la bio représente le moteur de ce changement de système, vecteur d'un véritable changement de société (EELV) ou élément contributif parmi d'autres (FG). Les objectifs sont clairs: changer le logiciel de l'agriculture productiviste vers une agriculture écologique, intensive en travail et productrice d'aliments de qualité. Cette économie verte suppose de valoriser les externalités positives de la bio (paiements des services environnementaux notamment) et d'appliquer réellement la règle du pollueur-payeur.


Les autres partis, porteurs du changement ou de l'immobilisme?

Le consensus du « produire plus et mieux » réunit F.Hollande, F.Bayrou ou N.Sarkozy et situe la bio comme un marché porteur (PS), comme une haute technologie (Modem) ou comme un objectif statistique un marché aussi (de niche) (UMP). Dans tous les cas, on peut faire le constat d'une approche spécifique de la bio, valorisée dans ses plus-value économiques (local, emploi) mais ne remettant pas en cause l'essentiel, c'est-à-dire la prétendue vocation exportatrice de la France dans le cadre d'une co-gestion corporatiste des intérêts agro-industriels. Les constats accablants de ce système (disparition des fermes, de l'emploi, inégalité des revenus, captation des aides, avantages fiscaux indus, coûts environnementaux exorbitants, crises et famines au Sud etc.) appellent de la part du nouveau Président de la République des politiques agricoles d'intérêt général, une nouveauté radicale, nous en convenons. Une agriculture biologique, paysanne et de proximité, en est le vecteur privilégié.

 

Les propositions des partis rencontrés sur l'agriculture:

 

 

 

Si tous les candidats réaffirment la dynamique du Grenelle de l'environnement, ils situent l'agriculture biologique de manière très différente selon une dominante « économiciste » de l'agriculture (UMP, PS) et sa variante « technologique » (Modem) ou une approche sociétale (EELV) et sociale (FG).

On rappelle qu'on analyse là les positionnements de campagne et non les politiques publiques menées par les responsables politiques notamment au niveau territorial, qui peuvent être conformes ou, au contraire, beaucoup plus pro actives et engagées, tout bord confondus. Cette représentation graphique des positionnements des candidats traduit, selon nous, trois niveaux positifs de reconnaissance de l'agriculture biologique: comme un mode de production durable à soutenir (parmi d'autres), comme le moteur de l'agriculture durable (à définir) ou comme un vecteur privilégié de transition du système agricole, voire comme une préfiguration d'une économie verte ayant réussie à réinternaliser tous les coûts sociaux et environnementaux (un optimum économique qui fait figure de nouveau modèle de société). 

La FNAB propose des mesures d’urgence et d’intérêt général comme le « zéro pesticides » pour les zones de captages prioritaires ; l’interdiction OGM et la réorientation des budgets de la recherche publique ; la priorité à l’installation en bio.

 

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