Publication FAO : Impacts de la transition vers un élevage biologique à faible intensité d’intrants à l’échelle mondiale"

La FAO a publié en avril 2013 les premiers résultats issus d'un travail de modélisation (modèle SOL-m) portant sur le thème de la durabilité et de l'élevage biologique.

Cette synthèse courte et claire (en français) démontre sur la base de 5 scénarios planétaires (dont un scénario de conversion intégrale des élevages à la bio, et un reposant sur modélisant la conversion intégrale des élevages à la bio avec arrêt d'achats de concentrés) que la conversion massive des élevages en bio est possible, satisfaisante sur le plan environnemental et économique, et cela sans mettre en péril l'autosuffisance alimentaire.

Cette analyse ciblée sur les systèmes d'élevage apporte un éclairage complémentaire scientifique au rapport FAO de mai 2007 sur l'agriculture biologique et la sécurité alimentaire; ces 2 publications démontrent donc qu'à travers l'ensemble de ses productions - dont les productions animales - l'agriculture biologique peut nourrir le monde.

Cette modélisation démontre la faisabilité du passage en bio mais pointe également du doigt un effet négatif possible sur la gestion du foncier (augmentation du risque de déforestation pour libérer des terres à consacrer à la production biologique). Toutefois, cet effet négatif peut être évité en combinant la conversion des élevages avec le renforcement de l'autonomie en concentrés sur les fermes.

Cette synthèse montre aussi que la poursuite des systèmes actuels en l'état (qui fait aussi l'objet d'un scénario modélisé) n'est pas satisfaisante ni regard de l'autosuffisance alimentaire (non couverte ni actuellement, ni à terme), ni au regard de la pression sur le foncier (actuelle et à venir).

Enfin, ce premier rapport mentionne bien que l'évolution des systèmes d'élevage vers plus de durabilité voire vers un passage massif au mode de production biologique, ne dispense pas (quels que soit les scénarios retenus) d'encourager voire de devoir passer à une évolution des régimes alimentaires avec une moindre consommation de viande par habitant