FORUM EAU : 200 PERSONNES REUNIES POUR DEVERROUILLER LES BLOCAGES ET AGIR VITE

A l’initiative de sept organisations agricoles de la région, le Forum sur l’eau organisé à la Roche Sur Yon a réuni 200 personnes. Des élus, des techniciens, des enseignants, des responsables agricoles ont écouté et interpellé les intervenants de la journée. Dans sa synthèse finale, Jean-Marc Meynard, chercheur à l’INRA a rappelé l’urgence à agir pour débloquer le « verrouillage sociotechnique » qui nuit aujourd’hui à des changements vers des systèmes plus vertueux. Or, des systèmes performants économiquement et environnementalement fonctionnent et sont robustes, même dans des conditions climatiques aléatoires. Un consensus doit s’imposer pour généraliser ces systèmes agricoles, pour des réponses efficaces à moyen terme.

 

L’état des lieux de la qualité de l’eau montre qu’il faut agir et vite. Simon Lery et Valérie Lecomte (DREAL) ont indiqué une absence presque totale de cours d’eau en bon état écologique sur notre région, avec des dépassements fréquents du seuil de potabilisation (50 mg/l de nitrate). On dénombre 27 molécules dans au moins 5 % des prélèvements. L’AMPA, molécule de dégradation du glyphosate (désherbant total) est présente dans 70 % des prélèvements depuis 2005 !

 

Les intervenants ont rappelé que tous les systèmes agricoles ne se valaient pas en matière de protection et de gestion de la ressource en eau. Les systèmes économes en intrants et l’agriculture biologique restent les systèmes les plus efficients. Les preuves existent, mais elles ne sont pas assez diffusées. Jacques Morineau du Réseau agriculture durable a invité tous les enseignants et les techniciens à venir sur ces fermes innovantes, à décortiquer les résultats économiques pour comprendre comment on peut gagner autant en consommant beaucoup moins d’intrants. Sur l’irrigation, il est aussi indispensable de se poser la question de la bonne utilisation de l’eau : quelle est la plus-value sociale, économique et environnementale d’un hectare de culture irriguée ? Si cette question est facilement réglée pour les producteurs à haute-valeur ajoutée (maraichage, pépinière, semences…), la réponse est beaucoup moins évidente pour la production de maïs grains. Pour Valentin Beauval (représentant de la Confédération paysanne au CESER - Comité économique, social et environnemental régional) : « L’irrigation doit donc rester confinée à l’usage de certaines productions seulement ». Christophe Dougé (Conseiller régional) a d’ailleurs rappelé que la Région ne finance pas d’investissements dans l’irrigation.

 

Des réponses concrètes ont été proposées pour construire l’agriculture de demain. Il faut continuer à exercer une pression sur le régime sociotechnique dominant et les pouvoirs publics. Des dispositifs sont possibles : la réglementation, la conditionnalité des aides…Plusieurs intervenants, dont Dominique Tremblay (Conseiller régional) ont rappelé le poids de la Politique agricole commune (PAC) qui injecte 800 millions d’euros sur la région, contre 20 millions pour le budget agricole du Conseil régional. Il est donc indispensable que la PAC oriente les systèmes agricoles vers l’efficacité environnementale. Sylvie Lelchat (Agence de l’Eau Loire-Bretagne) a invité les organisations agricoles à proposer des actions pour favoriser le développement des systèmes Bio et économes dans le cadre des contrats territoriaux. Enfin, le dogme de l’accroissement continu des productions a été posé : quel est le coût environnemental des derniers quintaux de blés ou des derniers litres de lait ?

 

En conclusion, Philippe Jaunet (CAB) a rappelé l’importance pour les élus des territoires de prendre en main les politiques de reconquête de qualité de l’eau. Les enjeux sont tellement importants que tous les acteurs des territoires doivent être associés à la démarche : associations de producteurs, réseau CAB, réseau CIVAM, ONG environnementales, chambres consulaires … Cette mobilisation collective devra être réalisée car l’eau est un bien commun. Mais qui doit piloter cette politique de l’eau ? La clarification des compétences est nécessaire car plusieurs structures peuvent intervenir sur un même territoire, sans toujours une bonne cohérence. Le Conseil régional a été directement interpellé pour qu’il prenne encore plus un rôle de chef de file pour définir une stratégie de protection et de gestion de la ressource en eau en partenariat avec tous les autres acteurs, dont l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne.

 

è Acte du forum disponible ICI

 

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