"Je vote pour la planète" suite : carton rouge et jaune pour les 2 présidents

Dans le cadre des élections présidentielles, Agir pour l'Environnement a invité ses signataires à interroger les deux derniers candidats en lice sur vingt questions précises. En moins de dix jours, plus de 7000 personnes ont interpellé les candidats par voie postale durant l'entre-deux tours. L'association regrette que le candidat-sortant se soit contenté de rappeler les objectifs inscrits dans la loi Grenelle2 (qui par ailleurs sont tous à des degrés divers des échecs patents).  François Hollande a également accepté de répondre aux vingt questions posées par Agir pour l'Environnement.

Au terme d'une campagne présidentielle qui, une nouvelle fois, aura largement occulté les questions écologiques, l'association Agir pour l'Environnement adresse un carton rouge à Nicolas Sarkozy pour son bilan catastrophique en matière écologique. François Hollande reçoit quant à lui un carton jaune pour le manque d’ambition de ses propositions.

Les attaques répétées du président-sortant contre les corps intermédiaires, son soutien indéfectible à l'industrie nucléaire, ses clins d'oeil appuyés à l'agriculture productiviste, sa volonté de poursuivre, sous couvert de recherche scientifique, les explorations des gaz de schiste, son entêtement à vouloir construire plus de 1000 kilomètres d'autoroutes, ses multiples renoncements vis-à-vis de la mise en oeuvre d'une fiscalité écologique sont autant de prises de position justifiant ce carton-rouge. Le candidat sortant s'est mis hors-jeu à l'instant même où il a considéré que « l'environnement, ça commence à bien faire ». Pour Stéphen Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'Environnement, « ce qui commence à bien faire, ce n'est pas l'environnement mais le candidat-sortant, son bilan et son projet qui fleure bon les 30 glorieuses et les 50 gaspilleuses ! »

L'association décerne un carton jaune au candidat socialiste. L'extrême prudence de son projet ne doit pas se muer en attentisme. Agir pour l'Environnement ne peut se satisfaire d'un manque d'ambition à l'heure où les crises écologiques réclament a contrario cohérence et clarté. Son soutien à l'aéroport Notre-Dame-des-Landes ainsi que sa volonté de ne fermer qu'un seul réacteur nucléaire, tout en construisant l'EPR et en maintenant la filière de « retraitement » des déchets nucléaires, démontre que le changement écologique, ce n'est pas encore pour maintenant. Le candidat socialiste ne retient pas l'idée d'une baisse généralisée des vitesses limites sur autoroute et reste extrêmement flou quant aux futurs projets autoroutiers. Pour Agir pour l'Environnement, « "gouverner, c'est choisir" ». Or, le candidat socialiste reste sur la réserve sur un grand nombre de sujets en tentant de ménager la chèvre radioactive et le chou renouvelable. En période de pénuries budgétaires, il est nécessaire de choisir. »

En revanche, le candidat socialiste se déclare favorable à l'interdiction claire et nette de l'exploitation des gaz et huiles de schistes, quitte à renforcer la loi du 13 juillet 2011. Il soutient également le développement des énergies renouvelables en créant un fonds vert de capital investissement au sein de la future banque publique d'investissement. François Hollande souhaite également proposer la rénovation thermique de 600 000 logements par an et la construction de 400 000 logements à basse consommation. Il s'engage à maintenir l'activité du wagon isolé afin de stopper l'effondrement de la part du fret ferroviaire. En matière de déchets, François Hollande se déclare partisan d'un développement de la consigne et pour l'instauration progressive d'une garantie longue de 5 ans, puis de 10 ans afin de lutter contre l'obsolescence programmée. La candidat socialiste s'engage à tout faire pour limiter l'exposition aux ondes électromagnétiques sans pour autant proposer d'adopter un seuil de 0,6 volt par mètre comme le demandent les associations de riverains.

Quelle que soit l'issue de cette élection présidentielle, force est donc de constater que la mobilisation citoyenne devra être au rendez-vous, dès le 07 mai, pour obtenir du président élu de véritables mesures de rupture. Face aux menaces écologiques – dérèglement climatique, perte de diversité biologique, pénurie d'eau potable, déforestation, désertification, raréfaction de ressources… -, et alors même que s’annonce un rendez-vous crucial, celui de Rio +20, Agir pour l'Environnement ne saurait se satisfaire d'un simple changement de forme inscrit dans une continuité politique et économique.