Les anti-OGM interpellent l’Etat à Nantes

Le collectif a été reçu pendant près de deux heures par le secrétaire général de la DRAAF, rue Menou à Nantes.

Une quarantaine de faucheurs volontaires, apiculteurs et producteurs bio se sont invités ce mercredi matin dans les bureaux de la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf), rue Menou à Nantes. Les manifestants réclament l’interdiction immédiate du Mon 810, le maïs transgénique de Monsanto.« Le gouvernement français a demandé à la Commission européenne de suspendre l’autorisation de mise en culture de ce maïs mais, dans le même temps, il n’a pas prononcé d’arrêté d’interdiction au niveau national, regrettent les militants. Du coup, on se retrouve dans une sorte de flou juridique qui n’empêche en rien les semis du Mon 810 dans les prochaines semaines en France. »

source: maville.com

 

Compte rendu de la rencontre par la DRAAF

La totalité de la délégation, soit environ une quarantaine de personnes, a été reçue par Didier Néau, secrétaire général et Fabienne Buret, service régional de l’alimentation.
La DRAAF Pays de la Loire est la 5ème DRAAF rencontrée par le collectif anti OGM.

L’objectif de la manifestation est d’alerter les pouvoirs publics sur l’urgence à prendre un acte réglementaire interdisant la culture du maïs Mon810 en France.
Le collectif souligne des pratiques de cession gratuite de semences Mon810 avec leur impact en terme de dissémination. Il semble que cette pratique soit habituelle et relève d’une stratégie de Monsento.
Actuellement, il existe donc un vide juridique et des distributions de semences peuvent avoir lieu, à la différence de 2008 où un arrêté interdisait la diffusion des semences.

Le collectif demande de toute urgence la signature d’un arrêté avant même que soit connue la décision de la commission européenne afin d’éviter les conséquences irréversibles liées à la dissémination des OGM.
Les mesures de précaution figurant dans le décret dit de « coexistence » ne sont pas acceptables par le collectif qui met en avant l’hégémonie des maïsiculteurs. Certains participants soulignent le fait que la
culture de mais OGM est contraire aux pratiques agronomiques de base comme la rotation des parcelles.
Les représentants des apiculteurs signalent l’impact économique non seulement sur les producteurs BIO mais aussi sur les producteurs dits conventionnels puisqu’il semblerait que des mesures d’étiquetage ou de retrait de consommation soient mises en oeuvre. La situation en Espagne est évoquée et laisse entendre que la coexistence de cultures OGM et conventionnelles n’est pas possible.


Le collectif insiste également sur les risques en terme d’ordre public. En effet en l’absence de décision rapide, les anti OGM se mobiliseront pour faucher les parcelles identifiées comme cultivées avec du Mon810 avec consécutivement des tensions inévitables entre agriculteurs. La situation de 2007 avec Terrena est rappelée ainsi que la nécessité d’alerter le ministère et la DRAAF.
Le collectif, comprenant également des citoyens donc consommateurs, met en avant les problèmes de santé publique et le manque de  cohérence entre les actions annoncées et les faits constatés.
Le collectif remet l’avis adressé à la DGAL eu égard à la consultation sur la mesure d’urgence, consultation achevée le 6 mars

En conclusion
Le collectif insiste sur l’urgence de la signature d’un arrêté interdisant la culture de maïs OGM et la circulation de semences OGM compte tenu de la période imminente des semis de maïs. Ces semis sont imminents dans le sud-ouest voire même dans certains secteurs des Pays de la Loire.
Conformément à la demande de la délégation, copie de cet envoi sera  adressé au directeur du cabinet du ministre et à la DGAL.