Programme Ambition Bio 2017 : une première étape réussie

Stéphane Le Foll a présenté le 1er juin en conférence de presse une synthèse du Programme Ambition bio 2017, partie intégrante de son projet agro-écologique pour la France. Après des mois de concertations, la FNAB se satisfait de cette première étape mais rappelle sa vigilance quant aux conditions de mise en œuvre des annonces.

Les six ambitions pour l'agriculture biologique :

  • Développer la production
    Les aides aux exploitants seront plus simples, plus attractives. "Le ministre de l'Agriculture s'engage à ce que soient apportés au moins 160 millions d'euros par an en moyenne sur la période 2014/2020 (crédits européens et crédits du ministère)" pour les aides à la conversion et au maintien dans la filière biologique des exploitations.
  • Structurer les filières ce qui permettra un développement équilibré de l'agriculture biologique avec en priorité : les projets grandes cultures, le développement des oléo-protéagineux.
  • Développer la consommation et conquérir des marchés
    Renforcer la communication autour du bio, en sensibilisant par exemple les enfants et leurs parents et atteindre l'objectif de 20 % de produits bio dans la restauration collective d'Etat. L'exportation des produits bio est également un axe sur lequel il faut travailler.
  • Renforcer la recherche, son pilotage et la diffusion des résultats
    Renforcer les programmes de recherche et développement pour et par l'agriculture biologique mais également diffuser les bonnes pratiques et les savoir-faire vers les formes traditionnelles de production .
  • Former les acteurs agricoles et agroalimentaires
    Renforcer la formation bio dans les enseignements agricoles mais également proposer une offre plus diversifiée de formations continues aux exploitants bio.
  • Adapter la réglementation pour que celle-ci prenne mieux en compte les spécificités de l'agriculture biologique.

L'analyse de la FNAB:

Une annonce de Programme qui répond aux attentes des producteurs bio

 Le ministre a présenté 6 axes de développement de la bio: des politiques agri-environnementales (dont PAC) plus rémunératrices des services rendus par la bio, des dispositifs de prévention sur les zones à enjeu environnemental (eau), du levier de la commande publique pour la restauration collective (20%),des enjeux de recherche, de réforme de l’enseignement agricole etc. En ce sens, le Programme reconnait la grande diversité des initiatives existantes dans les territoires et la transversalité de l’action publique pour la bio.
 
La mobilisation des paysans bio organisés a porté ses fruits.
 

L’Etat doit néanmoins aller au bout de la logique du changement

 Nous nous félicitons de l’augmentation significative des aides PAC (conversion et maintien); ces aides seront intéressantes à condition que l’ensemble du dispositif (aides de base et MAEC) incite les agriculteurs à modifier leurs pratiques vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement, et, au stade le plus abouti, sans chimie de synthèse.
De même, si le plan bio s’inscrit dans la transition agro-écologique de l’agriculture française voulue par le ministre, l’Etat doit montrer plus de cohérence sur l’ensemble des politiques agricoles : veut-on créer plus d’emplois et de valeur ajoutée sur les fermes avec la bio ou poursuivre la concentration des moyens de production? Veut-on passer d’une logique curative coûteuse des pollutions diffuses d’origine agricole à une logique préventive par la bio sur les zones de captage? Veut-on favoriser les filières locales dans l’approvisionnement des cantines?
 
Tous ces enjeux sociétaux qui motivent les citoyens dans leur adhésion à la bio aujourd’hui sont déterminés par une gouvernance des politiques agri-environnementales qui doit changer. La mise en œuvre de la future PAC et la loi d’avenir de l’agriculture devront
notamment être révélatrices de cette volonté de changement et de cohérence.
 

Un programme qui sera jugé sur la cohérence des arbitrages budgétaires

Pour atteindre les objectifs, à minima, de doublement des surfaces et des effets induits (emplois, économie locale, environnement, santé etc.), ce Programme nécessite un soutien massif de l’Etat et une coordination sans faille ni contradiction entre services de l’Etat, ministères, et collectivités territoriales. L’augmentation du fonds «Avenir Bio» de 1 million d’euros est une première étape qu’il faut saluer en attendant que l’ensemble des capacités d’investissements stratégiques de l’Etat (BPI) soient mobilisés pour soutenir la filière bio amont et aval.
L’ensemble des acteurs engagés dans le développement de la bio (élus des collectivités, opérateurs économiques etc.) reconnaissent que les besoins d’animation sont décisifs pour la réalisation des objectifs du Programme. Le ministre sait que la filière attend des arbitrages budgétaires sur les moyens d’animation du programme pour l’ensemble des réseaux d’accompagnement. Enfin, il est indispensable de mettre en place un pilotage politique et administratif du Programme qui sortirait de la logique «empirique» dénoncée par le rapport des inspections générales sur le précédent plan bio.
 
Les producteurs bio sont une force de proposition et d’action. Ils restent mobilisés et vigilants pour la réussite du Programme dans l’intérêt général des attentes des citoyens.
 
Stéphanie Pageot - Présidente de la FNAB